La reconquête du travail, une nécessité !

La CGT ne se résigne pas à la désindustrialisation que connait notre pays, vecteur de fermetures d’entreprises, de licenciements, de chômage. Depuis de nombreuses années, la CGT exige du Gouvernement l’impulsion et l’organisation de politiques industrielles qui articulent harmonieusement recherche, innovation, investissement, production, recyclage. Cette vision de la CGT appelle le développement et la création de filières industrielles répondant aux besoins d’aujourd’hui et de demain.

Développer l’industrie, c’est aussi mettre un coup d’arrêt au processus mortifère des fermetures d’entreprises et créer une dynamique créatrice d’emplois et d’essor de la croissance alors qu’explose le chômage et que la croissance est en berne.

Pour la CGT, la désindustrialisation conduite en France n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de choix politiques qui ont privé l’Etat de ses leviers d’intervention et laissé les mains libres aux actionnaires, aux marchés financiers, aux grands groupes multinationaux et à leurs stratégies exclusivement financières. La campagne idéologique et médiatique autour du « coût du travail » relève de ces choix politiques et de ces stratégies.

En dépit de déclarations fracassantes, le Gouvernement et le patronat poursuivent cette politique mortifère pour le développement du pays et de ses territoires, pour les salariés qui en subissent les conséquences. Loin de répondre aux enjeux contemporains, la réforme institutionnelle et le pacte de responsabilité promus par le Gouvernement ne pourront qu’aggraver la crise sociale, économique et environnementale dont les salariés sont les premières victimes.

La CGT n’accepte pas cette spirale infernale. Elle n’est pas la seule organisation syndicale à s’exprimer en ce sens et à appeler d’autres politiques publiques à l’échelle européenne et nationale. Ainsi, la Confédération Européenne des Syndicats, à laquelle sont adhérentes les confédérations syndicales françaises, revendique de consacrer 2% du PIB européen à un plan d’investissement de grande ampleur qui se traduirait par la création de 11 millions d’emplois.

En France, la CGT est engagée dans une campagne nationale pour promouvoir une politique industrielle ambitieuse et dénoncer les freins et les gâchis que constitue le « coût du capital » sur la recherche, l’investissement productif, les services publics, les droits sociaux et salariaux des salariés, actifs, en recherche d’emploi et retraités.

Il s’agit, pour la CGT, de démontrer qu’il existe aujourd’hui d’autres solutions réalisables et crédibles que celles déployées de concert par le Gouvernement et le patronat. Elles reposent sur une vision de l’évolution de la société plaçant l’humain et l’environnement au cœur de l’économie. Elles appellent des droits nouveaux d’intervention des salariés sur leurs conditions de travail et de vie.

Persuadés de la crédibilité de leurs alternatives à la fermeture programmée de leur entreprise, solidaires et organisés dans la CGT, des salariés ont obtenu des victoires au terme de plusieurs mois de luttes à l’instar de celles remportées chez Fralib à Gemenos, à SAM Technologies à Viviez, à Pilpa à Carcassonne, etc….Les salariés d’Alsthom engagent une longue lutte pour préserver cette entreprise, celles des centaines de sous-traitants qui en dépendent et cette filière industrielle d’avenir.

La CGT veut valoriser et multiplier ces luttes offensives dans tous les territoires, ouvrir des perspectives et inciter les salariés à s’investir dans leur réussite.

Les remèdes libéraux et le dogme du prétendu « coût du travail » conduisent le pays et son économie dans l’impasse de l’austérité, de la récession et du chômage de masse.

Face à ce constat, la CGT propose :

1. le renforcement des moyens de La Banque publique d’investissement (bpifrance) et des critères d’attribution (emploi, qualité des emplois, comportement salarial, qualité du dialogue social etc.), ainsi que le ciblage des crédits octroyés aux entreprises ;

2. la mise en place d’un Livret d’épargne pour le développement de l’emploi et de l’industrie permettant de réorienter les fonds d’assurances vie et d’obtenir des moyens de financement plus importants pour le développement de l’emploi, de l’industrie et des territoires ;

3. l’établissement d’un mécanisme de sélectivité des crédits bancaires ;

4. la contractualisation des aides publiques aux entreprises en quatre niveaux :

  • national, avec la création d’un Comité national d’évaluation et de suivi des aides publiques (élargissement des prérogatives de l’actuel CNS du CICE placé sous l’égide du CGSP) ;
  • sectoriel, déclinant ce comité d’évaluation et de suivi au niveau branches
  • territorial, déclinant ce comité d’évaluation et de suivi au niveau de la Région
  • entreprise : droit d’information, de contrôle, de suivi des aides publiques, droit de suspendre les aides publiques en cas d’effet d’aubaine.

5. le déploiement d’une politique énergétique développant les énergies alternatives et préservant les avantages de la France ;

6. la création et le soutien d’un indice du coût du capital au niveau national et européen pour l’élaboration de politiques publiques économiques basées sur l’intérêt général, le développement économique, social et la protection des ressources et de l’environnement ;

7. l’établissement de normes sociales dans les échanges mondiaux afin d’éviter la mise en concurrence des salariés, en s’appuyant sur les instruments normatifs internationaux existant et en en développant d’autres ;

8. la mise en place d’un dispositif de régulation du taux de change de l’euro afin de s’assurer qu’il ne pénalise pas les productions en France et dans l’espace européen.

 

 

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